Tout a commencé après le split de Mother Love Bone, Stone Gossard , Jeff Ament Mike McCready, Dave Krusen reforme un groupe, avec un nouveau chanteur Eddie Vedder, qui s’appellera cette fois-ci Pearl Jam (en référence à la grand mère d’Eddie Vedder). Nous sommes en 1990. Leur premier album ten sortira l’année suivante. Grâce à la vague ‘grunge’ (Stone Temple Pilots, Soundgargen, Nirvana, Alice in Chains...) Pearl Jam se fait connaître, les albums vont s’enchaîner Vitalogy, Mirror Ball, Yield, … Pearl Jam va alors se démarquer de la scène Grunge, et va même trouver sa place en tant que groupe de rock mythique au niveau international ! La magie opère, et Pearl Jam nous concocte albums après album des petits bijoux tous aussi étonnants les uns que les autres. A noter que Pearl Jam est réputé pour ses refus catégoriques face à l'industrie du disque puisqu’ils ne tourneront aucun clip pour les singles du deuxième album Vs en 1993. Ils iront même jusqu'à annuler certaines dates de leurs tournées car le groupe refuse catégoriquement de vendre les tickets au dessus de vingt dollars.
line-up : Dave Abbruzzese : batterie, percussions Jeff Ament : basse Eddie Vedder : chant Mike McCready : guitare Stone Gossard : guitare
Critique de l'Album
Vs est le deuxième album de Pearl Jam, sorti en plein mouvement grunge. Il reste encore aujourd'hui, le plus agressif et le plus tendu des albums de Pearl Jam. Il commence en trombe avec "Go". Monstrueuse décharge d'énergie où sur un rythme éléphantesque, les guitares de Stone Gossard et Mike McCready se font vicieuses et épileptiques. Vedder, quant à lui, chante comme un possédé, sa voix, reconnaissable entre mille, hurle et gémit pour notre plus grand plaisir. Viens ensuite "Animal" où là encore, le rythme est déchaîné ! Impossible de résister, voilà un morceau qui donne immédiatement envie de sauter partout, et de se taper la tête contre les murs. "Daughter" est un grand classique du groupe. Un de leurs morceaux les plus joués en live, théâtre d'improvisations magiques, qui restent à chaque fois inoubliable. Un moment de calme, avant de repartir de plus belle avec "Glorified G", sur laquelle Vedder démontre une fois de plus toute la puissance de sa voix. "Dissident" fait partie de ce que Pearl Jam a fait de mieux, tout comme "W.M.A" et son rythme tribal ainsi que sa poésie désespérée. "Blood" est terrifiante d'agressivité et de violence, tout le groupe se déchire pour ce coup de poing au ventre, qui porte bien son titre. "Rearviewmirror" commence par un riff de guitare tranchant, le morceau n'est que la rampe de lancement pour l'explosion finale qui emporte tout sur son passage et reste aujourd'hui encore un très grand moment d'émotions rock'n'roll.
La suivante, "Rats", est une perle, où la basse de Jeff Ament martèle inlassablement un groove empoisonné et malsain. L'ambiance est glauque et Eddie Vedder est une fois de plus majestueux. Un peu de folk maintenant avec "Elderly Woman Behind The Counters In a Small Town" qui apaise un peu les choses avant la bombe "Leash", qui elle aussi donne immédiatement envie de sauter partout.
Enfin, le disque se termine avec la sublime "Indifference". Pearl Jam se fait plus sentimental et crée un ambiance intime et feutrée pour ce qui est une de leurs plus belles chansons. La mélodie est magnifique et la voix d'Eddie nous arrache des larmes de bonheur. Cette chanson préfigure, dans une certaine mesure, ce que sera la suite de la carrière de Pearl Jam. Elle est à la fois plus intime et plus directe que ce qu'avait pu faire Pearl Jam à l'époque. Pour beaucoup, Vs est le meilleur disque de Pearl Jam : il est certes incroyablement énergique et efficace mais par la suite Pearl Jam nous a montré qu'il était capable de plus de profondeurs et de subtilités. Ils n'en reste pas moins que Vs est un album incontournable et parfais pour se défouler. Les guitares y sont incroyables, le groove de Jeff Ament irrésistible et la voix d'Eddie Vedder est, comme à chaque fois, grandiose.
"plusieurs avis valent mieux qu'un" Deux ans après leur mythique Ten, la bande de Seattle revient avec un nouvel opus, VS (versus). Cet album, bien qu'également relativement difficile d'accès, est un monument dans la discographie de Pearl Jam, si ce n'est LE monument. On se promène entre des morceaux violents et dissonants et d'autres beaucoup plus calmes et moins agressifs. Ainsi, cet album, contrairement au précédent se présente comme étant parfaitement cohérent (si l'on omet le mouton, star de la pochette, qui semble se demander aussi bien que nous quel est au juste son rôle).
Le morceau « Go » ouvre l'album en folie. Alors oui, on y va, et pas n'importe comment. Les guitares de McCready et Gossart sont soutenues par une basse et une rythmique simplement dingues et le tout est emmené par un Eddie Vedder qui semble entrer dans une furie en récitant des paroles plus ou moins catholiques (pour le coup ici, moins). Le morceau s'achève en apothéose sonore et nous laisse cois.
« Animal », tout autant chargé de violence et de rage laisse à nouveau faire ses preuves le dernier arrivé de la bande, le batteur Dave Abbruzzese qui remplace Kursen après son départ du groupe. Sur ce morceau, la voix grave et entêtante de Vedder se fait en revanche plus présente, et il nous livre (enfin) quelques unes de ses prouesses vocales qu'il manquait au morceau précédent. Sur ce morceau court et effréné, Pearl Jam démontre qu'ils ne sont pas revenus avec du vent, bien au contraire.
Cependant, le groupe, bien conscient du fait qu'un album composé uniquement de morceaux de la trempe de « Go » ou « Animal » pourrait finir lasser et abrutir l'auditeur, une ballade folk, « Daughter » (initialement « Brother »?) assure la continuité. Un joli morceau, agréable à écouter mais qui aurait tendance à en devenir presque mièvre et pompeux. Le morceau suivant, « Glorified G », aurait quand à lui pût être chanté par Jagger et ses pierres roulantes. Heureusement qu'Eddie et sa voix magique qui répare toutes (ou presque) les erreurs sont là et explosent sur la dernière moitié de la chanson, en parvenant à en faire un morceau tout à fait honorable de l'album, quoi qu'il ne soit absolument pas le morceau à retenir de VS.
Et puis, c'est « Dissident ». Une coup de poing dans l'estomac, le diamant brut de VS. Et un de ceux de Pearl Jam. Dans cette chanson engagée, le groupe dénonce ouvertement la délation et la collaboration, le tout servi par deux guitaristes déchaînés, un Dave Abbruzzese enragé, et un Eddie probablement dingue. À la foi dans le chant et dans l'arrangement musical, ce n'est pas uniquement la rage et la colère du quintet qui ressort, mais également une émotion et un engagement personnel. Des morceaux et des riffs comme ça devrait presque être interdits.
Difficile d'enchaîner ensuite avec l'étrange « W.M.A ». Morceau indescriptible et inqualifiable, il ressemble à un jeu de glisse pour le chant de Vedder, quitte à prendre des risques qui s'avèrent payants. Finalement, après plusieurs écoutes, on finit par apprécier « W.M.A », peut-être grâce à cette sphère énigmatique qui l'entoure. On revient ensuite au brut avec « Blood ». Oui, du sang coule de ce morceau complètement halluciné et hallucinant. A peine trois minutes et pourtant tout est dit. Jeff Ament et Stone Gossart sont ici au sommet de leur forme et c'est tant mieux, quitte à laisser de côté le chant, d'ailleurs quelque peu malmené ici, à tel point qu'on ne reconnaît plus la jolie douceur vocale d'Eddie. (Mais il faut quand même avouer que ça fait du bien de temps en temps de se défouler sur un putain de morceau Rock sans fioriture et qui se concentre sur l'essentiel-pardon.)
En comparaison avec le reste, « Rearviewmirror » se caractérise par son côté pop, qui vient apaiser un public sollicité par des morceaux agressifs. Cependant, s'il commence soft, on ne peut pas empêcher Pearl Jam d'être un groupe plutôt agressif dans ses compositions, et c'est ainsi qu'on grimpe au fur et à mesure sur ce morceau, dans une folie violente, qui le clôt en apothéose sonore. Puis, le fameux « Rats ». No comment, une autre pearl. Le morceau, martelé par la basse de Jeff Ament et le chant étrange est malsain de Vedder décrit en creux les comportements humains, derrière la métaphore peu glorieuse des rats. L'ensemble s'avère glauque et extrêmement sombre, pour notre plus grand plaisir. « Elderly Woman Behind the Counter in a Small Town » se démarque des autres morceaux de par son titre, le seul de l'opus à comporter (largement) plus de deux mots. Très jolie ballade folk, qui n'est pas sans rappeler la magnifique « Release » de Ten.
On repart finalement dans un tourbillon déchaîné avec « Leash », qui pourtant ne sort pas du lot. L'album se clôt sur la splendide « Indifference », merveille d'intimité et aperçu de la nouvelle orientation du groupe. Peu de mot pour décrire ce morceau.
VS s'affiche donc comme un opus incontournable et probablement comme le meilleur de Pearl Jam. Dans cet enchaînement de violence et de douceur, on peut voir se préfigurer les changements futurs dans la carrière du groupe. Mais il s'agit d'un album à savourer sans retenue, en attendant la suite
une petite idée, alors Youtube est votre ami :
Format : MP3 (320 Kbs) durée totale : 45 mn 04 s
présence pochette & livret : non
les titres de l'album : 1. Go 2. Animal 3. Daughter 4. Glorified G 5. Dissident 6. W.M.A. 7. Blood 8. Rearviewmirror 9. Rats 10. Elderly Woman Behind the Counter in a Small Town 11. Leash 12. Indifference
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