L' ouvrage de Philippe Burrin est une contribution remarquable à
l'étude historique comparative des dictatures de l'entre-deux-guerres.
Les comparaisons proprement dites occupent la première partie de
l'ouvrage. Dans un paysage historiographique où, depuis la chute du mur
de Berlin, on veut rapprocher systématiquement fascismes et communismes,
l'auteur s'intéresse en particulier aux « quatre éléments structurels
qui constituent les régimes fasciste et nazi en une famille politique »
distincte des régimes de type soviétique : « l'alliance avec les forces
conservatrices, le duel du parti et de l'État, le soutien populaire, le
mythe du chef ».
Surtout, Philippe Burrin nous le rappelle avec force, c'est dans et
par la guerre expansionniste que le fascisme se réalise, ce que l'on ne
peut pas dire du régime stalinien, qui donnait la priorité à la
révolution intérieure.
Ceci explique que l'on doive, pour comprendre la spécificité du
fascisme, étudier dans le détail la phase guerrière du plus terrible
d'entre eux, le national-socialisme. C'est à la faveur de son expansion
territoriale que le IIIe Reich mit en oeuvre ses plans d'extermination
et de déportation de populations entières : « Tenons à l'esprit que
seule la tournure de la guerre empêcha que le remodelage racial du
continent, en particulier à l'Est, n'entraînât la déportation de
dizaines de millions de personnes supplémentaires. »
L'auteur fait aussi le point sur le « fascisme français » un débat
historiographique qui occupa une bonne partie des années 1980. On
appréciera le chapitre intitulé « Le champ magnétique des fascismes »
qui dresse des portraits saisissants de Mounier, Jouvenel, Maulnier,
Jules Romain ou Drieu La Rochelle, incarnation du « fascisme à la
française ».

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