Dominic Sonic- Cold Tears
?
?
Au début fut Rennes, capitale d’un rock hexagonal qui pense tout autant qu’il s’agite, dans la mouvance de Marquis de Sade. Au début de Dominic Sonic fut Kalashnikov, groupe punk breton de la deuxième génération, extrême (excès et violence en pain quotidien) comme on peut l’être, à la fin d’années soixante-dix tournées vers le Londres de The Sex Pistols. Au début de la carrière du chanteur, qui prend son envol d’indépendance à partir de 1986, il y a Cold Tears.
Sur scène, celui qui se veut un peu dandy, un peu décalé, et très innervé par les soubresauts électriques du CBGB’s de New York, s’invente un personnage analogique, tout en fierté hexagonale, et reprend avec brio le « Blank Generation » de Richard Hell and the Voidoids, ou un « Fun House » pourtant magnifié, et, donc, a priori intouchable, par Iggy Pop & the Stooges. Et au début de Cold Tears (« When My Tears Run Cold »), on ne peut que rappeler que l’album, enregistré en douze jours à Bruxelles (quant à elle alors capitale du rock européen), a été produit par Gilles Martin, et accueille les copains de lycée (Tonio Marinesco, batteur de Kalashnikov), les amis (Pierre Corneau, de Marc Seberg), ou les compagnons d’échappée esthétique (Bénédicte Villain, en congé de Passion Fodder).
Tout au long des douze chansons, Dominic Sonic y a la beauté du diable, et la maîtrise de l’énergie (rarement les guitares ont sonné avec tant de pertinence dans un disque de rock français), ou de l’acoustique, suivant les atmosphères à développer. Dans cette alternance de français et d’anglais, à laquelle n’échappe pas le rock de l’époque, les chansons se percutent comme des boules de flipper (« La Loi des Pauvres Gens », brinquebalant comme un jouet cassé), s’échouant parfois sur les rives de reprises trop connotées (« Cocksucker Blues », jailli des lèvres lippues de Mick Jagger).
Avec Cold Tears, Dominic Sonic entrait dans l’Histoire. La suite, malheureusement (déceptions, errances, désaffection de labels,…), appartient à l’histoire, usuelle et convenue celle-là, de ceux qui ont des rêves électriques plein les yeux.
Artiste : Dominic Sonic
Titre de l'album : Cold Tears
Date de sortie : 1989
Genre : Indie rock
Durée : 43:04
Taille : 99.27Mo
Format : MP3 - 320 kbps
Nombre de pistes audio : 12
Nombre de fichiers : 16
When My Tears Run Cold
Shadows In The Fire
When I'm Looking at Them
La Loi des Pauvres Gens
Praying to the Lord
What I'm Waiting For
Cold Turkey
A s'y Méprendre
Call me Mister
Acid Tonic
I'll Stay Downtown
Cocksucker Blues