Ocean Colour Scene - North Atlantic Drift - 2003
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Au début des années 90, le monde rock subit la déferlante Brit-pop de plein fouet, il y a ceux qui en profitent allègrement, sortant le bon album eu bon moment (Oasis et Blur entre autres), et il y a ceux dont la légitimité est sans doute plus forte (Suede, Ocean Colour Scene notamment), mais qui resteront pour le grand public et les grosses radios, d’éternels seconds couteaux. La bataille fait rage sur l'album qui a vraiment lancé le mouvement. Certains évoquent I should Coco de Supergrass en 1995, d'autres mentionnent Definitely Maybe d'Oasis en 1994, sans parvenir à se mettre d'accord. Au sein de cette palanquée de groupes, on retrouve Ocean Colour Scene, formation originaire de Birmingham qui voit son premier album Ocean Colour Scene sortir dès 1992. Guidés par Paul Weller, les anglais enflamment la scène nationale au début des années 90, ouvrant pour Oasis à Knebworth en 1996 et voyant leur second album Moseley Shoals dépasser en 1997 les ventes de Be Here Now de qui vous savez. D'ailleurs, Noël Gallagher aurait un jour dit qu'OCS était "le plus grand groupe de Grande Bretagne", ça a sans doute été vrai à un moment de leur carrière.
Nos anglais enchaînent donc les albums, dans une indifférence quasi généale ici en France, jusqu'en 2003 et la sortie de ce North Atlantic Drift. Les avis et les chroniques anglophones sont relativement mitigés sur cet album, leur 6ème, préférant la fougue des débuts. Mais ce North Atlantic Drift s'il est sans doute moins spontané que leurs premières sorties, est aussi plus mature et représente une hagiographie complète du style et des influences de tout le mouvement brit-pop et même au-delà. On pense successivement à Counting Crows sur "I just need myself" quand "Oh Collector" représente une parfaite complémentarité entre couplets à la Blur et refrains Gallagheriens. La voix très accrocheuse de Simon Fowler et les lignes de guitares très sobres mais solides de Steve Cradock y sont pour beaucoup dans la sensation d'écouter quelque chose de fin, d'agréable et de prometteur dès la première écoute.
Tous les titres sont d'une efficacité dingue, sans plus de prétention que de juste donner du plaisir à l'auditeur ; et c'est tout bonnement ce qu'on recherche, à plus forte raison quand le CD est resté des mois coincé sur une étagère. Le morceau titre, placé en troisième position entretient la flamme avec des harmonies vocales plus "américaines" et très réussies là où "Golden Gate Bridge" nous ramène comme son nom ne l'indique pas directement chez les Beatles.
Les Anglais sont définitivement très fort pour nous pondre des refrains super catchy, comme sur "For every Corner" ou sur "Make the Deal", malgré une production un peu too much sur l'ensemble du morceau. Même lorsqu'ils accélèrent le rythme, la musique ne perd pas sa cohérence (l'excellent "On My Way"). Le spectre des influences d'Ocean Colour Scene est balayé intégralement, des Beatles à Neil Young en passant même par les Bee Gees (pré période disco) sur le magnifique "The Song goes on" où là encore les cordes de Cradock font mouche.
Il n'y a pas grand chose à jeter sur ce bel album, et si l'oeuvre complète du groupe est foisonnante, ce North Atlantic Drift en est une parfaite porte d'entrée, comme quoi on peut rester des années à prendre la poussière sur une étagère, et finir rayé dans la platine à forces d'écoutes répétées.
Artiste : Ocean Colour Scene
Titre de l'album : North Atlantic Drift
Date de sortie : 2003
Label : Sanctuary
Producteur : Martin 'Max' Hayes
Genre : Britpop
Durée : 44:44
Taille : 103 Mo
Format : MP3 - 320 kbps
Nombre de pistes audio : 11
Nombre de fichiers : 12
I Just Need Myself
Oh Collector
North Atlantic Drift
Golden Gate Bridge
Make the Deal
For Every Corner
On My Way
Second Hand Car
She's Been Writing
The Song Goes On
When Evil Comes