Arianna Savall
Bella Terra (2003) [FLAC]

Chanter et s'accompagner à la harpe est resté une pratique constante en Irlande et dans certaines contrées d'Amérique du Sud, sauf dans le reste de l'Europe alors qu'elle faisait partie de toute une culture médiévale et de la Renaissance.
Arianna Savall relance cette tradition en accompagnant ses doux chants principalement de la harpe : des mélodies qu'elle a composées dans le langage musical arabo-andalou et judéo-hispanique, et des arrangements de chants populaires catalans ou séfarades, tout cela dans la continuité stylistique de ce qui se faisait voici quelques centaines d'années.
Avec sa voix tendre, légère et cristalline, elle recrée un monde oublié plein de poésie.
??Musique* ou arrangements** de Arianna Savall
L'amor (Texte de Miquel Martí i Pol) *
Yo m'enamorí d'un aire (Texte anonyme séfarade) **
Dóna'm la mà (Texte Joan Salvat-Papasseit) *
Mester d'amor (Texte Joan Salvat-Papasseit) *
El mariner (Traditionnel catalan) **
El viaje (Texte de Antonio Machado) *
Els ulls (Texte de Tomàs Garcés) *
Apreciemos el instante (Texte de Omar Jayyam, Perse 12e s.)
*
Yo soy de mi amado (Cantar de los Cantares) *
Aquest camí tan fi (Josep Carner) *
Per a ser cantada en la meva nit (Texte Salvador Espriu)
*
Hi ha un remolí (Texte de Miquel Martí i Pol) *
Arianna Savall, chant, harpe &
lyre
Dimitris Psonis, bendir, saz, bouzouki, oud
Pedro Estevan, bendir, palos de agua, caxixi
Julio Andrade, contrebasse
Une ode à la délicatesseArianna Savall La tradition de chanter en s'accompagnant à la harpe, qui encore aujourd'hui perdure en Irlande et certains pays d'Amérique du Sud, s'est perdue dans le reste de l'Europe, alors que c'était une pratique courante et fort prisée jusqu’à l'époque baroque. J'ai voulu, d'une certaine façon, réaliser ce rêve (et je ne suis pas la première) de combiner la voix et la harpe – à la fois complémentaires et opposées – mais dans un même souffle et un même geste – où j’ai eu le privilège d'être accompagnée par d'autres musiciens, compagnons de nombreuses années, caractérisés par leur raffinement et leur générosité.
Bella Terra, qui est aussi mon village, est le rêve éveillé d'une terre équilibrée, où l’homme et la femme découvrent comment « un instant partage ce qui est certain de l'incertain : profite de cet instant et donne lui tout son prix, car la somme de la vie est comprise en cet instant » (Omar Jayyam). « Durant ces dix ans (le parcours à travers chansons et poèmes, j’ai rencontré des chemins de pierres, de poudre et de fleurs, des chemins d'eau, de terre, chemins presque invisibles où je me perdais facilement... Bella Terra est le fruit d'un long processus de recherche et de maturation qui, commençant à la maison, a continué auprès de mes amis, tout en jouant et en chantant : une recherche d'abord d'un son et de paroles, à la voix et à la harpe, une recherche aussi d'une liberté et d'un rythme et plus que tout, une passion pour les choses minuscules, celles de chaque jour, simples mais essentielles. À travers le poète catalan Miquel Marri i Pol, j'ai appris à connaître un monde très particulier, dont il sait parler avec beaucoup d'amour et aussi de souffrance, mais surtout un monde de désir de vivre l'instant, jour après jour, de connaissance du secret des choses visibles et invisibles afin de les aimer pleinement pour ce qu'elles sont. Bella Terra est un recueil de poèmes variés que j'ai mis en musique tout au long de ces années et qui répond au désir d'une terre plus lumineuse, plus affective et mystérieuse, méditerranéenne et ouverte au monde, où toute la musique que j'ai pu entendre durant mes années de formation se trouve ici rassemblée autour de la harpe et de la voix réunies comme un seul instrument.
Les douze poèmes de Belle Terra sont unis par un fil subtil qui les mène à un même art de vivre, celui de l’instant vécu ici et maintenant, de la tendresse et la passion de l'amour, de l’innocence presque perdue de l’enfant-adulte, la force évocatrice et puissante de la mer et des rêves « au cours d'une profonde nuit sans voix » (Salvador Espriu), qui s'arrêtent avec le mystère et l’incertitude de la vie.
Un sentiment de nostalgie accompagne subtilement le chant d’amour aux amoureux, aux éternels voyageurs comme El mariner (Le marinier), El viaje (Le voyage, dédié à mon père), et aussi le chant au regard et à celui qui est regardé, Els ulls (Les yeux, dédié à ma mère), et à la fin de ce voyage, la nuit mystérieuse nous mène à un tourbillon où « il y a la vie et la mort, immuables. Le reste, ce sont des mots » (Miquel Marti i Pol).
- Arianna Savall
Scans livret complet avec traduction francaise des paroles.