Joseph Conrad

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Berditchev, Russie , le 03/12/1857
Mort(e) à : Bishopsbourne , le 03/08/1924
Biographie :
Joseph Conrad, de son vrai nom Teodor Józef Konrad Korzeniowski, est un écrivain d'expression anglaise d'origine polonaise.
Joseph Conrad est né dans le sud de la Russie (aujourd'hui en Ukraine) et appartient à une famille de la noblesse polonaise (Szlachta).
Orphelin à dix ans (son père venait de mourir en exil, après avoir été chassé à la suite de l’insurrection de 1863, à laquelle il avait participé) et confié à un oncle qui demeure à Cracovie, Conrad se sent bientôt attiré irrésistiblement par l’aventure.
À dix-sept ans, il s’embarque comme mousse sur un voilier français à Marseille, reste trois ans dans la marine française pour entrer ensuite dans la marine marchande anglaise, où il doit demeurer pendant plus de seize ans. Promu capitaine au long cours, en 1886, il se fait naturaliser Anglais. Après de nombreux voyages, sa carrière maritime prend fin en 1894.
Conrad parlait avec une égale facilité l’allemand, le français et l’anglais; mais il décide d’écrire dans la langue de sa nouvelle patrie. En 1895, il publie son premier livre, "La Folie Almayer", où il dépeint la vie d’un Occidental en Malaisie. Dès lors, paraissent régulièrement d’autres livres, toujours plus remarqués par les lettrés et bientôt par le grand public.
Il laisse une œuvre considérable notamment, "Lord Jim", "Le Miroir de la Vie", "La Flèche d’Or", "Jeunesse", "Sous les yeux d’Occident", "Typhon", "Le Nègre du Narcisse", "L’Agent secret", "Une victoire".
En 1924, il renonce à la distinction de chevalier et refuse d'être anobli. Trois mois plus tard, il meurt d'une crise cardiaque. Publication posthume de "La Nature d'un crime", un roman coécrit avec Ford Madox Ford.
Francis Ford Coppola s'inspira d'"Au cœur des ténèbres" (1902) pour le scénario de son film Apocalypse Now (1979).
Source : agora.qc.ca
Un paria des îles [1896]

Encouragé à poursuivre sa carrière littéraire après son premier livre, La Folie Almayer, Joseph Conrad, dans Un paria des îles, reprend le même lieu et les mêmes personnages, mais quinze ans plus tôt. Continuant à remonter le temps, il les rajeunira encore dans un troisième roman, La Rescousse.
Le livre paraît en en 1896. C'est l'histoire nocturne, ténébreuse, d'un homme qui a failli, Willems, et que son maître, le célèbre capitaine Lingard, condamne à rester captif de la forêt équatoriale, à une cinquantaine de kilomètres de la mer. Willems est littéralement englouti par la forêt, par l'amour dévorant d'une femme indigène, Aïssa, et par son propre chaos intérieur. Dans ses efforts pour survivre, il va faire le malheur de son rival Almayer, et provoquer par trahison l'arrivée et l'installation des Arabes dans ce comptoir situé sur le fleuve, dont l'accès était jusque-là un secret.
Amy Foster [1901]

Ce que Conrad ne pouvait savoir quand il rédigea Amy Foster, ce qu'il pouvait à peine pressentir, c'est qu'il vivrait lui-même un jour, dix ans plus tard, une épreuve analogue à celle de son Yanko : Polonais de naissance, marié à une Anglaise, malade, fiévreux, délirant, il parlerait polonais dans son délire et soulignerait ainsi, à son grand dam, l'irrémédiable incommunicabilité qui règne entre individus d'origines nationales différentes. L'histoire est à deux personnages, deux êtres rudimentaires et déshérités, paralysés dans leur développement par des causes différentes : Yanko par son étrangeté, son incompréhension de la langue et des mœurs de l'Angleterre ; Amy par sa laideur, sa pauvreté, ses limites intellectuelles ; ni l'un l'autre n'est en mesure de comprendre le monde qui les entoure ; et si leur bonté les a poussés à unir leurs détresses pour les atténuer l'une par l'autre, ils n'ont aucune chance de s'entendre durablement en un sens profond.
Un anarchiste [1906]

Un anarchiste est l’histoire du singulier destin d’un jeune ouvrier parisien condamné au bagne en Guyane pour un verre et un mot de trop (« Vive l’anarchie ! »). Ayant réussi à s’évader à l’occasion d’une mutinerie et croyant s’être débarrassé de son statut de forçat, Paul tombe entre les griffes du gérant d’une multinationale « spécialisée dans la production de viande » qui le réduit définitivement à l’état d’esclave en le désignant une nouvelle fois comme « anarchiste » auprès de tous. Ce qualificatif lui ôtera la liberté plus que la captivité l’avait fait.
Parue en 1906, cette nouvelle « française » de Joseph Conrad (1857-1924) resta longtemps et injustement oubliée alors que l’auteur s’y révèle plus lucide et visionnaire que jamais.
Souvenirs personnels [1909]

Parus en revue à partir de 1908, puis en volume en 1912, ces souvenirs offrent, de Londres à Marseille, de la Pologne à la Malaisie, un étonnant voyage dans la vie et l’œuvre de Conrad, au grand vent de la liberté et de l’imagination. « Ce que je puis vous promettre, c’est une vérité d’un genre modeste, et aussi de la sincérité. Cette sincérité totale, digne de louanges, qui, pendant qu’elle vous livre aux mains de vos ennemis, a aussi pas mal de chances de vous brouiller avec vos amis. »
« Sans cesse amusant et émouvant, Souvenirs personnels sonde non pas tant le lien de Conrad avec l’écriture et la mer que sa volonté absolue de faire de ces deux éléments son univers » (Mathieu Lindon, Libération).
La Ligne d'ombre [1917]

Dans un port d'Extrême-Orient, alors qu'il vient de quitter son navire et qu'il n'aspire qu'à regagner l'Europe, un jeune marin, sur un coup de tête, accepte de prendre le commandement d'un trois-mâts en partance pour Singapour. Mal accueilli par son second - lequel est hanté par le souvenir du précédent capitaine, mort dans des circonstances troubles -, il doit bientôt faire face à une redoutable absence de vent qui immobilise le navire. Pris au piège d'une mer trop lisse, les membres de l'équipage, accablés par les fièvres tropicales et ne voyant plus dans l'eau que le miroir de leur conscience, s'abîment peu à peu dans le désespoir et la folie....
Dans cet inquiétant huis clos maritime qu'est La Ligne d'ombre (1917), Conrad, s'inspirant d'un épisode de sa vie, met en scène le passage de l'enfance à l'âge adulte, et la solitude de l'homme face à son destin.