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Bienvenue dans l'univers d'Applause. Applause, c'est la rencontre entre une fanfare belge et un p'tit gars bien de chez nous (un Français quoi…). C'est également un nouveau rejeton dans la longue lignée des groupes belges faisant du rock anglo-saxon aussi bien que les Anglo-saxons eux-mêmes (quand ce n'est pas mieux). Comme leur prestigieux prédécesseurs (dEUS et Ghinzu en tête), le quintette franco-belge est passé maître dans l'art de composer une musique réconciliant variété internationale et rock indie pointu. En effet, pourquoi choisir entre efficacité radiophonique et exigence de la composition ? Là où le rockeur indie français de base rechigne à plaire au grand public (tout en en rêvant secrètement…), le rockeur belge se fout de ces a priori.
Entre rêve de stades et reconnaissance des pairs, Applause se refuse donc à choisir. Cela donne à ce premier album, "Where It All Began", des formats courts atteignant rarement les 5 min, des mélodies sobres mais ultra catchy, une ampleur sonore qui nous ramène allègrement au milieu des 70′s. Mais au coeur de ce cadre peut-être un peu formel destiné à squatter les ondes, chaque morceau regorge de trouvailles musicales.
Ici une belle montée en puissance allant jusqu'à l'explosion ("All About You"), là une basse virevoltante qui bouscule le format FM du morceau ("Road To Nowhere" ou "Hope You're Better"), là encore une rythmique ultra groovy et syncopée inattendue mais redoutablement efficace ("Black Sand"). Et puis parfois, le groupe prend franchement la tangente, comme sur "It's About Time" ou "Witches", morceaux complexes naviguant à vue entre rock sombre et chaotique, pop symphonique ou encore électro minimaliste. Cette parenthèse aventureuse se ferme avec une balade bluesy, le reste de l'album ne faisant que confirmer ce jeu de funambule entre rock pur et dur ("A Way Out Of Blue") et titres à l'écriture plus subtile ("White Funeral").
Evidemment, le risque à vouloir concourir sur tous les tableaux serait d'y perdre son identité. Mais pour cela, Applause a une arme fatale : la voix de son Frenchie. Omniprésent jusqu'à l'overdose parfois, Nicolas Lys marque de son empreinte (vocale) l'ensemble des 11 titres de ce premier album. Rappelant Jeff Buckley, le timbre de Nicolas vous embarquera sans espoir de retour ou vous laissera au bord du chemin. Aimer ces Belges c'est avant tout aimer son Français, avec ses excès et son maniérisme. Mais une fois que vous avez accroché…