
Lysistrata
The Thread (2017)
Confirmation en version LP
MP3 (320 Kbs)
posté aussi en FLAC (16 bit)


Lysistrata est une comédie d'Aristophane de moins 411 avant JC et la société Ricard est surtout connue pour ses boissons anisées qui font un malheur dans les campings. Le rapport dans tout ça ? Eh bien si la société Ricard a fait tourner pas mal de groupes depuis 1988, avec des styles assez variés mais plutôt orientés radio yaourt dans des séries de concerts gratuits (oui, il y a eu Johnny, Yannick Noah, Shy'm...), elle attribue depuis 2010 le prix Ricard SA Live Music, dont la finalité est autrement plus sympathique : car au lieu de donner encore de l'espace médiatique à des artistes qui en ont déjà parfois bien assez (Johnny quoi !), elle file un bon coup de pouce à un groupe émergent (clip, EP, série de concerts, et accompagnement pendant une année). Et soyons honnêtes, si les derniers lauréats proposaient du rock sympathique mais calibré pop rock, pour 2017 c'est Lysistrata et son excellent post rock qui gagne la timbale. Et je remercie grandement les vendeurs d'anisettes d'avoir souhaité mettre en lumière Lysistrata et son style musical plutôt atypique au regard des précédents récompensés.
Le groupe Lysistrata, c’est surtout l’histoire d’une romance : trois potes d’enfance réunis pour faire du son.
À 10 ans, Ben et Max ont découvert le rock. Quelques années plus tard, Théo, un copain de collège se joint à eux et le trio Lysistrata voit le jour. À partir de ce moment, deux choses rythment leur vie : le son et la scène. Leurs premiers shows, ils les offrent aux spectateurs du bar associatif L’Ogre Rouge, à Vénérand, près de Saintes (Charente-Maritime), le seul endroit à promouvoir la diversité musicale près de chez eux. Les trois garçons se font très vite repérer. En 2017, ils se démarquent de 1186 candidats et remportent le Prix Ricard S.A Live Music, grâce à une session endiablée sur leur morceau Sugar and Anxiety.
Aujourd'hui, Max, le bassiste a 22 ans, Ben, le chanteur-batteur, et Théo, le guitariste, à peine 19 ans. Habitant toujours chez leurs parents, calmes et sérieux à la ville, ils se transforment en rock stars et deviennent de véritables bêtes de scène une fois sous le feu des projecteurs. On a rencontré Max pour parler du groupe, de ses influences musicales et de sa manière de fonctionner. À lire ci-dessous.
Genre : Math Rock / Noise
Origine : Saintes, Charentes Maritimes, France


line-up :
Max Roy : basse
Ben Amos Cooper : chant, batterie
Théo Guéneau : guitare

Critique de l'Album
L'album commence de la meilleure des manières, avec deux titres courts (dont "Asylum", déjà présent sur leur EP), énergiques et mélodiques, avec des mélodies toujours barrées et des refrains pourtant efficaces. Idéal pour cueillir l'auditeur ! On ne va pas non plus trop faire les étonnés. Quand un groupe est sur son nuage, que les musicos se connaissent, s'apprécient, ont la niaque et reçoivent des retours qui les mettent en confiance, les conditions sont souvent réunies pour aboutir à de belles choses. Citons toutefois la réussite de la production de Michel Toledo, l'ingé-son concert de la formation : le tout sonne propre, le groupe est monstrueusement carré, avec des breaks très techniques, mais qui se fondent excellemment bien dans le tout. Leur musique, complexe, a pourtant franchi un cap supplémentaire vers le smooth, tant et si bien qu'on avale toutes ces complications sans même y prêter attention tant la musicalité domine.
Le groupe sait donc proposer des titres impeccablement troussés et ont un son bien à eux. Beaucoup s'en contenteraient, et ce serait bien assez pour nous faire applaudir. Mais Lysistrata a d'autres idées et d'autres ambitions, notamment celle de ne pas se limiter à des chansons aux charpentes trop conventionnelles. C'est alors que, sans crier gare, débarquent les plus de 8 minutes d'Answer Machine" et ses multiples changements d'ambiance. Assez réussi, le titre souffre d'un changement au milieu du titre peut-être un peu trop radical, donnant le sentiment que deux titres cohabitent au sein d'un seul. Comme quoi tout n'est pas encore parfait.
Cela étant, le groupe se relève immédiatement avec l'impressionnant "Sugar and Anxiety" qui, s'il multiplie les tours et détours, parvient lui à justifier sa longueur par une cohérence sans failles, sans compter qu'il se termine dans une montée en puissance qui n'en finit pas et s'achève dans un barouf qui donnera la trique à tout amateur de rock noisy qui se respecte... Mais qui pourrait en laisser d'autres plus circonspects. De noise, il en est aussi question sur "Reconciliation", une boucle lancinante qui tourne encore et encore avec une voix parlée non chantée. L'ambiance est lourde et s'allège à peine sur la fin. Pas de doute, si Lysistrata aime la mélodie, le noise et la violence (musicale) sont des éléments importants de leur son, ce qui pourra plaire ou rebuter.
La pièce maîtresse de l'album est le dernier titre : "The boy who stood above the earth" (plus de onze minutes au compteur) est impeccable de bout en bout et devrait mettre tout le monde d'accord. Le groupe y démontre tout son savoir-faire et impressionne franchement. Avec un tel talent, ils ne peuvent que gommer les défauts de jeunesse (des défauts qui, encore une fois, n'en seront pas pour tout le monde).
Alors, bilan, Parviennent-ils à maintenir un aussi haut niveau le long d'un album entier ? Non, pas complètement. Mais en refusant de s'enfermer dans un schéma, en s'ouvrant de nouveaux horizons, en affichant une telle ambition et avec des réussites éclatantes en stock comme ce dernier titre aussi ambitieux que réussi, Lysistrata démontre avec brio qu'il est plus qu'une collection de titres imparables. Et quand, fort de leurs concerts et de l'expérience emmagasinée, ils parviendront à sortir l'album dont ils rêvent, ça ira très loin. Car ces gars-là rêvent haut.
"plusieurs avis valent mieux qu'un"
N’ayons plus peur des mots, le trio de Saintes fait ses ravages et est bien partant pour être le meilleur groupe français de 2017 en raison de leur math-rock noise bien énervé et brutal comme on aime. Signé chez Vicious Circle, ils en remettent une couche avec leur premier album tant attendu du nom de The Thread.
Et très vite, les lauréats du prix Ricard S.A. Live Music de cette année ne perdent pas de temps et expédient du gros son avec des morceaux courts mais intenses comme « The Thread » et « Asylum » diaboliquement efficaces avec l’excellente production de Michael Toledo, leur ingé-son de concert. Passé ces deux très bons titres, Lysistrata flirte avec les influences plus que semblables comme At The Drive-In, Refused mais aussi Fugazi sur les impressionnants « Sugar Machine » et « Sugar & Anxiety » aux breaks imprévisibles, ses voix tantôt chantés tantôt hurlés et ses changements d’ambiance inattendus, le tout sur 8 minutes bien denses. Inversement, ils jouent le jeu du crescendo avec le parfaitement bien maîtrisé « Reconciliation » commençant tout en susurre avant de partir sur une furie bien noisy sur les dernières secondes.
Après un break instrumental bien mérité du nom de « Dawn » survient l’ultime pièce-maîtresse de 11 minutes intitulé « The Boy Who Stood Above The Earth » où, avec son sample vocal bien cadencé, le trio s’en donne à coeur joie et virevolte entre post-rock le plus mélodique et math le plus noisy qu’il soit. Une incroyable tempête musicale qui se déchaîne et qui a pour but de clôturer avec maestria cette cérémonie musicale à la puissance émotionnelle et technique. Si, malgré ça, vous n’êtes toujours pas convaincus du fait que Lysistrata soit le groupe de l’année avec ce premier album, je ne peux rien faire pour vous.
Format : MP3 (320 Kbs)
durée totale : 42 mn 48 s
présence pochette & livret : non
les titres de l'album :
1. The Thread
2. Asylum
3. Answer Machine
4. Sugar & Anxiety
5. Reconciliation
6. Dawn
7. The Boy Who Stood Above The Earth
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