Allez savoir pourquoi, hier, en lisant le commentaire de Festicake, qui redoute de contracter le virus de la cytomega-nostalgia sous sa forme la plus virulente, le nom de Andres Trentemoller m'est venu à l'esprit. Quel rapport avec les groupes que nous abordons ensemble depuis trois semaines ? À première vue, aucun. Plus connu des technophiles à piercings que des new-waveux à gabardine, le Danois s'est fait un nom en écumant les festivals électro, seul, derrière ses platines, avec un mélange de techno et de house savamment dosé selon l'avis des spécialistes. Or, un jour, un ami électrophile m'avait conseillé l'album Lost, sorti en 2013, dans lequel Trentemoller s'éloigne radicalement de son style habituel. N'ayant gardé de cette écoute qu'un vague travelling de paysage aux couleurs de l'hiver – ce qui est bon signe –, je me suis donc rendu hier soir sur Spotify pour renouveler l'expérience de ce Lost pas si perdu que ça dans ma mémoire. Le temps que Spotify charge ses pages (Dieu que c'est long !!!), je découvre que le bonhomme a sorti un autre album depuis. Intrigué, mais convaincu de l'entendre revenir à ses premières amours au risque de larguer définitivement ses fans, je joue le premier titre. Et là, dès l'intro, quelle ne fut pas ma surprise ! Quand j'ai entendu la ligne de basse avec ce son si particulier, reconnaissable entre mille, quand j'ai entendu l'intention mise par Marie Fisker, qui avait déjà prêté sa voix sur Lost, je me suis dit que nous n'étions pas les seuls à revisiter le passé :
Eh oui ! Dans la lignée du précédent album, Andres Trentemoller délaisse sans regret les rythmes calibrés pour arpenter à nouveau la banquise comme un explorateur aime à décrire les plus beaux moments de son existence. Les technophiles sont avertis, ceux qui veulent le suivre devront escalader les glaciers et déserter le dancefloor. Même sur le morceau River in Me, ils auront beau abandonner la partie la plus lourde de leurs équipements, les formidables tempêtes de l'Antarctique, qui, pendant des jours et des jours, chassent la neige, si puissantes qu'un homme ne peut rester debout contre elles, les empêcheront de danser :
Avec Marie Fisker, deux autres divas ont été invitées à prendre part à l'expédition polaire Fixion : la comédienne et musicienne française Camille Berthomier, qui se fait appeler maintenant Jehnny Beth et évolue en qualité de chanteuse au sein du groupe britannique Savages ; ainsi que Lisbet Fritze, la petite amie du Danois (ça fait Voici et Télé 7 Jours cette dernière phrase, non ? j'aurais dû la virer, 'tain...).