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Interpol - Antics - 2004 - EAC Rip - FLAC - 44100 HZ / 16 Bit - torrent


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Download Interpol - Antics - 2004 - EAC Rip - FLAC - 44100 HZ / 16 Bit - torrent




Torrent Description

Interpol - Antics - 2004



- EAC Rip - FLAC - 44100 HZ / 16 Bit -

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ARTISTE



Formé en 1998 à New York par le
guitariste Daniel Kessler et le batteur Greg Drudy (qui par la suite quittera
le groupe et sera remplacé par Sam Forgarino), le groupe enregistrera quelques
singles et EP et fera quelques apparitions dans des compilations.



Interpol a lancé un premier album
Turn On The Bright Lights sur le label Matador, le 20 août 2002. L'album fut un
grand succès critique, et nombre d'experts l'ont placé parmi les meilleurs
disques de l'année 2002.



Déjà habitués du CMJ Music
Marathon, qui se tient annuellement dans leur ville d'origine, Interpol a
participé à plusieurs festivals de musique, dont Coachella, Reading,
Glastonbury, en plus de la mini-tournée Curiosa à l'été 2004 en compagnie de
The Cure, Mogwai et The Rapture.



Malgré le succès de leur premier
album, Interpol a choisi de demeurer sur étiquette indépendante pour la sortie
de leur second disque, Antics, lancé le 28 septembre 2004. Il s'agit d'un
disque moins sombre, étonnant pour certains car le groupe ne se contente pas de
répéter la formule du précédent. Antics fut bien accueilli par la critique.



En 2005, ils ont enregistré le
morceau Direction pour la série télévisée américaine Six Feet Under. La chanson
fut enregistrée en avril avant un spectacle de leur tournée. Ils sont apparus
la même année sur une compilation du 15e anniversaire de Matador Records. Turn
On The Bright Lights était (au moment de la sortie de Antics) la meilleure
vente de l'histoire de ce label.



Carlos Dengler, connu aussi sous
le diminutif Carlos D. est un DJ bien connu à New York. Il lui arrive également
de jouer ce rôle pour différentes soirées lorsque le groupe est en tournée.
Daniel Kessler est peut-être considéré comme le leader du groupe, bien qu'il ne
soit pas le principal vocaliste ou parolier. C'est lui qui a incité les membres
d'Interpol à se concentrer plus sérieusement sur le groupe et sur leur musique.



Interpol a beaucoup été comparé à
Joy Division, particulièrement au moment de la sortie du premier album. Les
membres du quatuor affirment par contre ne pas en avoir écouté suffisamment
pour avoir été véritablement influencés. Dans le morceau Not Even Jail (sur
l'album Antics), Paul Banks chante : « Give some meanings to the means to your
end », ce qui peut être vu comme un clin d'œil ironique à Joy Division, dont un
des morceaux les plus célèbres s'intitule A Means To An End.



Au moment de leur révélation, en
2002, Interpol a contribué à l'intérêt des journalistes musicaux pour le
quartier East Village de la ville de New York, dont sont également issus The
Strokes et Yeah Yeah Yeahs, découverts à peu près au même moment. Ces groupes
ont toutefois peu de caractéristiques communes, sinon leur origine et le fait
qu'ils ont été découvert d'un public plus vaste entre 2001 et 2003.



Le 15 août 2006, le groupe quitte
Matador pour signer chez Capitol Records. En 2001, le groupe était déjà
intéressé par ce label. Interpol a vendu plus de 435 000 copies de ses deux
premiers albums sur Matador.



Le groupe a enregistré son
troisième album en Novembre 2006, il est sorti le 10 juillet 2007 sous
plusieurs packages et s'intitule Our Love To Admire. Pour cela, 13 titres ont
été enregistrés mais seulement 11 apparaissent sur l'album, les 2 autres titres
figureront sur les singles. Avant la sortie de l'album, seulement trois titres
de celui-ci ont été joués en concert : "Pioneer To The Falls",
"The Heinrich Maneuver" et "Mammoth" (Pawn Shop).



ALBUM



Forces Parallèles



Pour commencer cette chronique
autant ne pas passer par quatre chemins… cet album est une TUERIE !!! Ni plus,
ni moins… Après un déjà très bon Turn on the bright lights, le plus européen
des groupes venant du pays de Coca Cola et de Mickey repointe le bout de son
nez avec ce Antics qui ne fera pas pâle figure dans votre discothèque.



Il faut dire qu’ils étaient
attendu au tournant, nos mangeurs de hamburgers, les espoirs fondés en eux
devaient se concrétiser, et pour cela, il ne fallait qu’un pas. Oui, mais nos
quatre amis aux cheveux plaqués, n’ont pas fait un pas, mais un grand saut en
avant. Antics surpasse sans trop de difficultés son prédécesseur, de manière
déconcertante, presque énervante. Reprenant la même recette que Turn on Bright
Lights, Interpol n’intensifie pas moins sa musique avec une élégance outrageuse
pour un groupe qui n’en est qu’à son deuxième album. Mais là où Turn on the
Bright Lights pouvait se montrer un peu mou du genou, ici tout est plus
entraînant, le groupe ne s’est permis presque aucun temps mort, et c’est une
petite boule d’énergie et de fougue qui se dissipe telle une drogue dans vos
cages à miel.



Empreint d’un feeling et d’un
dynamisme contagieux, Interpol rétablit les bases du rock, et rend à César ce
qui est à César. Le groupe n'hésite pas à piocher dans le rock n'roll, le
disco, le rock… et se situe comme un combo plutôt rétro et nostalgique, mais ne
tombe jamais dans le ringard ou dans une prétention mal placée. Les membres ont
décidé d’en découdre une bonne fois pour toute, et ce n’est pas ces guitares
incisives, montées sur ressort avec la basse, soutenant un chant quasi-possédé,
qui me contrediront. Ça swingue, ça tape, ça bouge dans tous les sens.
D’ailleurs je défie quiconque de ne pas avoir envie de taper du pied ou de
sautillez devant la glace de sa chambre, brosse en main à l’écoute de « Slow
Hands » ou d’« Evil » et son attaque de basse jouissive.



Interpol sait aussi ralentir sa
rythmique avec brio, et nous prendre à contre-pieds, comme avec « NARC », aux
influences disco, qui aurait largement eu sa place dans un film pat’ d’eph à la
Saturday Night Fever. Sans compter qu’ils arrivent à vous tirer une petite
larme au passage, les bougres, il suffit juste d’écouter « Take You On a Cruise
» ou « A Time To Be So Small » pour s’en apercevoir. La suite se révèle tout
aussi délectable, et je ne me lasse toujours pas d'écouter les innombrables
perlent de cet album, malgré un ou deux morceaux de moins bonne facture : «
Public Pervert » est moins pêchu et ne décolle que vers la fin, ou « C’mere »
qui manque un peu d’âme à mon goût… mais rien de bien grave non plus, car aucun
des titres n’est vraiment à jeter.



Vous l’aurez donc compris, Antics
est à posséder, à écouter, ré-écouter, savourer sans aucune modération. Cela
faisait bien longtemps que je ne m’étais pas prise autant de passion pour un
groupe rock, et je recommande de manière presque obligatoire de poser une
oreille sur cet excellent cru rock de l’année 2004. Je mets la note maximale…
parce qu'ils le valent bien !



XSilence



Le premier album ayant réussi à
capter une partie de l'énergie incroyable que le groupe dégage sur scène, on
attendait le second de pied ferme, sans avoir l'écoute biaisée par des écoutes
successives de concerts répétés en boucle ...



Et pourtant, en entrant la
galette dans le lecteur, on en vient à se demander : "Est-ce vraiment
Interpol ?".



Le premier morceau, "Next
Exit", est en effet incroyablement mou, sans rythme. Si c'est ça, le grand
retour, merci ! Il ne manque pas forcément de qualités, mais là où un groupe
comme les Tindersticks auraient pu retourner le morceau, le noircir, Interpol
n'en tire pas vraiment grand-chose.



Heureusement, les choses
s'améliorent franchement par la suite.



"Evil" est sans souci
le meilleur moment de l'album, où la batterie et la basse, d'une précision
redoutable, donnent des ailes à ce morceau au refrain imparable. Le genre de
truc qu'on sent d'avance qu'on aura encore dans la tête durant pas mal de temps
...



"Narc" est assez
surprenant, avec un couplet qu'on pourrait presque qualifier de
"guilleret" pour le groupe. Le morceau décolle bien sur la fin, et on
sent que sur scène, il pourra bien devenir un des préférés, à l'instar de
"The New".



"Take You On A Cruise"
est un morceau un peu plus dur d'accès, mais ça vaut la peine. Le morceau
qu'ils avaient loupé avec "Next Exit", un peu triste, sans être mou
le moins du monde. "Slow Hands" est un tube en puissance, très très
rock. C'est d'ailleurs le premier single, on comprend le choix, très efficace,
abordable.



"Not Even Jail" par
contre, est trop produit, pour un morceau qui gagnerait à être plus cru, moins
poli. On attend les versions live avec impatience.



Interpol n'aurait jamais réussi à
dépasser son premier EP "Precipitate", et justement, "Public
Pervert" n'y aurait pas dépareillé, le calme y laisse passer par moment
l'intensité, on se retrouve presque malgré soi en train de hocher la tête.



"C'Mere" repose
entièrement sur la voix de Banks, ce qui est une bonne idée au vu des
potentialités du garçon. Le résultat est très bon, même si peut-être un peu
"scolaire", le chant est un chouia trop appliqué, très juste. Mais
là, franchement, on pinaille un peu ...



"Lenght Of Love", on
l'avait déjà entendu à l'Elysée Montmartre début 2003. Comme à l'époque, elle
reste sympathique, sans tout de même être au niveau du reste de l'album, en
dépit d'un final plutôt inspiré.



Et, enfin, "A time To Be So Small". On
l'avait déjà entendue sur le "Precipitate" EP celle-ci, mais cette version
est quand même très différente. Dure à entendre objectivement, tellement on est
habitué à l'autre version, il faudra probablement encore un paquet d'écoutes
pour s'y habituer.



Au final, donc, ce nouvel album
est-il une confirmation ?



Oui, bien sûr, il est meilleur
que le précédent, sans problèmes, surtout après plusieurs écoutes, ce disque se
révèle peu à peu.



Mais d'un autre côté, on est bien
en dessous des prestations live où Interpol donne tout, et se révèle parfois un
Grand Groupe.



On attend la tournée ! On sera
même prêts à leur pardonner "Next Exit".



Guts of Darkness



Révélation de l'année 2002, les
américains d'Interpol non content de pondre un premier album excellent et
surtout mémorable par sa fraicheur (énergie, mise en exergue de la mélodie)
confirment sans problème leur talent avec ce 'Antics' qui porte ainsi très mal
son nom. Toujours riche en mélodies assassines ('NARC', le superbe et émouvant
'Not even jail'), les morceaux alternent mélancolie sur fond d'harmoniques tout
en finesse et explosions énergiques des plus avenantes ('Slow hands', premier
single), sans jamais se départir d'une qualité d'exécution irréprochable. La
basse ronronne entre cold-rock des vieilles années et feeling rock pur. A la
croisée de la pop pour l'aspect mélodique et du punk pour le jeu de guitares
tranchantes, Interpol prouve pour qui en douterai encore que 'vitalité' n'est
pas synonyme de 'brutalité', et que 'légèreté' ne rime pas avec 'niaiserie'
('C'mere', très simple et touchant). Plus direct que 'Turn on the bright
lights', plus aéré également, 'Antics' tient ses promesses et ne décevra pas
les amoureux de la mélodie et du refrain entêtant. Obsédant, onirique,
enchanteur ou entraînant, pas de mention inutile à cocher ici : tout est compris
dans le 'pack'. C'est l'automne et pourtant quelques fleurs tardives (ou
précoces ?) éclosent comme un pied de nez au temps qui passe...



Indiepoprock



– Ecoute ça, c’est le meilleur
album que j’ai acheté depuis Disintegration de The Cure !



– Arrête, on dirait Joy Division
!



Voici ce qu’on pouvait entendre
en 2002 à la sortie de “Turn on the bright lights” le premier album d’Interpol.
Il faut dire que les onze premières chansons sombres et tendues du quatuor
new-yorkais renvoyaient l’auditeur 20 ans en arrière, à l’époque de la
cold-wave triomphante des Joy Division, The Smiths et autres Chamelons. L’effet
de surprise passé, le deuxième album serait “le Révélateur” (du génie ou de
l’imposture) pour ce groupe au look soigné et impeccable. Alors qu?en est-il ?



Après une entrée en matière
surprenante (le tempo moyen de Next Exit évoque d’avantage les Stones que la
cold wave), “Antics” révèle son contenu surprenant ! La cold-wave tendue du
premier opus a laissé la place à un rock plus accessible, brillant et efficace
certes, mais sans génie. Hormis l’insidieux Not even Jail et l’imparable
Slowhands, véritable « single », aucun morceau ne se détache de cet ensemble
homogène et efficace de dix titres qu’est Antics (Interpol : groupe le moins
prolifique du monde ?)



Si l’album contient de bons
morceaux rock bien ficelés (tels les C’mere, Narc ou Evil, les fans de la
première heure auront du mal à reconnaître leur groupe préféré et chercheront
en vain les successeurs des enragés Obstacle 1, Stella et autres PDA du premier
album. Le langoureux A time to be small, dernier titre de l’album, résume
presque à lui tout seul le sentiment qui nous habite à l’écoute d'”Antics” :
belles mélodies, riffs tranchants et rythmiques de plomb mais aussi
prévisibilité des arrangements et relative paresse dans la composition.



On attendra le troisième album
pour se prononcer définitivement sur la place de cet disque dans la
discographie d’Interpol ? Faiblesse passagère de l’inspiration ? Ouverture vers
un rock plus accessible et plus rentable ? Antics suscite davantage de questions
que de certitudes.



Albumrock



En matière de rock, il existe
deux erreurs grossières à ne pas commettre : la première est d'imaginer que
l'on peut encore inventer quelque chose de complètement neuf au vingt et unième
siècle, et la seconde est de placer un groupe actuel en confrontation directe
avec l'un de ses illustres prédécesseurs. Pour Interpol, cette double bévue
revient tantôt à affirmer avec mépris que le groupe est une bande de
charognards malpropres qui a osé accomplir le crime de lèse-majesté ultime -
celui de déterrer le cadavre de Joy Divison, tantôt à avancer avec dépit que
Paul Banks et ses sbires ne sont pas à la hauteur des attentes de ceux qui
voyaient en eux les dignes successeurs de Ian Curtis et comparses. Stop, on
arrête tout.



La première assertion s'avère
bien évidemment d'une stupidité sans nom. Non mais sans blague ! Qui peut
encore aujourd'hui se targuer de produire un rock complètement neuf et inédit -
à part Radiohead à la limite, et ça reste largement à discuter ? Qu'on le
veuille ou non, le rock est un courant musical qui va tranquillement sur ses 70
ans d'existence, qui a réemployé les mêmes instruments durant tout ce laps de
temps, et qui s'est vu pratiquer par des millions de groupes de par le monde :
pas facile de complètement réinventer le genre dans ce contexte. Par ailleurs,
le fait de prendre la suite de Joy Division (ou des Echo and the Bunnymen, Cure
et autres Charlatans) ne se révèle pas forcément plus idiot que d'emboîter le
pas de Pink Floyd ou des Beatles. Donc écartons d'emblée les premières
jérémiades : la cold wave et son revival ont tout autant le droit d'exister que
les autres courant du rock, et le fait de faire penser, très logiquement
d'ailleurs, à Joy Division n'y change absolument rien. Point à la ligne.



La deuxième tirade est beaucoup
plus complexe à écarter tant il peut paraître légitime de comparer les
new-yorkais d'aujourd'hui aux mancuniens d'hier, et c'est justement Antics qui
permet de tirer tout cela au clair. Pourquoi ? Parce que Turn On The Bright
Lights, premier tour de force d'Interpol, résonnait sourdement comme un
succédané des élucubrations morbides de Ian Curtis. Quand on aborde le problème
en superficialité, il n'y a pas à sourciller : voix d'outre-tombe, basse
tonique et rythmée, guitares cinglantes et gorgées d'échos, batterie lapidaire,
tout dans la musique de la team Banks-Kessler rappelle le rock blafard et
asphyxiant de Joy Division. Mais la comparaison s'arrête là. Quoi de commun, en
effet, entre la Manchester industrielle et désargentée de la fin des 70's et la
Big Apple bourgeoise tout juste secouée par le 11 septembre de notre époque
contemporaine ? Quel trait d'union tirer entre un fonctionnaire maladif aux
prestations scéniques erratiques et un journaliste dandy, beau garçon à la
classe immuable ? La grande force de Turn On the Bright Lights est d'avoir
réussi, presque par hasard, à toucher formellement la noirceur et la poésie
désespérée du couple Unknown Pleasures - Closer, tel un élève appliqué
cherchant à se rapprocher du modèle de son maître, et il était donc
parfaitement logique de s'attendre à un successeur qui franchisse un pas
supplémentaire vers les tourments du fameux diptyque morbide. Or Antics en
prend en tout point le contrepied.



Dès l'introductif "Next
Exit", le ton est donné : avec son orgue majestueux, sa mélodie solaire
peaufinée dans ses moindres détails et son minimalisme soupesé avec minutie,
Interpol s'extrait d'emblée de la noirceur des codes post-punk. La voix de Paul
Banks gagne en sérénité et en nuances, le jeu de guitares se développe autour
d'enchevêtrements subtils, la basse disparaît presque complètement.
Indéniablement le titre surprend, voir choque tellement il oriente l'album dans
une direction qu'on n'aurait pas souhaité le voir prendre. Et pourtant, les
écoutes successives ont tôt fait de faire éclater l'évidence : "Next
Exit" est non seulement une cinglante réussite, mais surtout un parfait
condensé de ce qui nous attend sur le reste de l'album. Antics se révèle en
effet beaucoup moins tourmenté que son grand frère, moins urgent, moins
flatteur également, mais il s'avère par contre beaucoup mieux structuré et bien
plus travaillé en terme mélodique. Alors que TOTBL se contente souvent de
tisser une trame électrique glaçante sur laquelle la voix de baryton de Banks
n'a qu'à laisser éclater son timbre rocailleux de manière brute et instinctive,
Antics mêle aux structures fluides de guitares de Kessler et à l'ossature
précieuse de basse de Carlos Dengler de jolies harmonies vocales qui apportent une
profondeur supplémentaire aux morceaux. Tranquille, l'album monte lentement en
puissance en enchaînant l'introduction presque timide d' "Evil" à de
grands refrains plaqués avec force. "Narc" ne fait pas plus monter la
pression, entraînant l'auditeur dans un trip cool calé entre les motifs
répétitifs de six cordes et le groove indolent de la basse. Même l'immense
"Take You On A Cruise" se paye le luxe de prendre son temps avant
d'exploser en des sommets de force émotive, glissant avec retenue sur la
tristesse altière de ses motifs. Toute comparaison avec Joy Division s'avère
ici complètement vaine : alors que la proto new wave crépusculaire des lads
anglais tire son pouvoir d'attraction du désespoir de Ian Curtis et de la
rugosité romantique des instruments, le rock classieux des américains séduit
avant tout par son impeccable canevas sonore et par cette capacité à construire
des édifices éclatants de pointillisme et de majesté sur les sonorités sombres
du post punk. On notera au passage la singulière simplicité technique de l'ensemble,
comme quoi il n'est pas forcément indispensable de planter cinquante soli de
guitare en appui tendu renversé pour tutoyer la grâce.



D'autant qu'aux parures morbides
des mancuniens (qui reflètent avant tout un malaise humain), les new-yorkais préfèrent
souvent rechercher la beauté et la légèreté d'intention, comme en témoigne
notamment le très dansant "Slow Hands", tube imparable s'il en est.
Plus loin, c'est "Public Pervert" qui enchaîne sans coup férir
couplets tout en innocence et refrains bulldozers. Par ailleurs, les mélodies
d'Antics sont souvent construites sur un mode majeur qui, s'il ne confère pas
au disque un caractère que l'on pourrait qualifier de joyeux (on parle de cold
wave quand même, pas de pop électro), contribue à alléger la chape mélancolique
inhérente aux sonorités du genre. "C'me Here" en est un magnifique
exemple : le morceau tire de ses choix de construction une force sereine qui
lui confère une sensation de stabilité presque insolente. Ailleurs, c'est le
mouvement ascensionnel de l'air chanté qui procure à "Not Even Jail"
une impérialité ineffable. On notera au passage que le disque demeure d'une
tenue tout à fait remarquable jusque dans ses derniers retranchements, là où
son successeur, Our Love To Admire, peine à l'inverse à maintenir l'intérêt de
l'auditeur intact tout au long du disque. Témoignages de cette qualité, un
"Lenght Of Love" qui redonne un petit coup de fouet dans la dernière
ligne droite grâce à son motif de guitare brûlant, et surtout le timide "Time
To Be So Small", habilement flanqué de synthés discrets et alternant les
ambiances et les sonorités avec une classe immense.



Avec Antics, en prenant le
contre-pied quasiment intégral de Turn On The Bright Lights sans pour autant
renoncer à ce qui personnalise sa musique, Interpol ne fait que démontrer
l'évidence : oui, la cold wave peut survivre au décès de Ian Curtis, et non, on
n'est pas forcément obligé de surenchérir dans la noirceur pour rendre honneur
au genre. Ceux qui continuent à espérer (ou à désespérer plutôt) de voir en
Paul Banks et ses trois collègues les légitimes héritiers de Joy Division ont
absolument tout faux : Interpol est un groupe d'une complète modernité qui,
sous l'apparente simplicité des airs et des motifs instrumentaux, développe une
signature et une force émotionnelle sans grand équivalent dans toute la
production rock contemporaine. Et même si les dernières livraisons en date
(Interpol tout récemment) sont loin de surpasser (voir même d'égaler) le disque
noir et le disque blanc, le groupe n'a pour le moment jamais dévié de sa ligne
de route et ne s'est jamais prostitué sur les autels de la célébrité et de
l'argent : rares sont les concurrents qui pourraient en dire autant. Vous
l'avez compris, Antics est au moins aussi bon que Turn On The Bright Lights (et
même meilleur selon certains, dont votre serviteur), et représente avec son
aîné un dytique proche de la perfection. Rien que pour ce résultat phénoménal
et pour les nombreuses perles qui ponctuent les albums suivants, Interpol gardera
longtemps encore son statut de groupe culte. Un statut loin d'être immérité,
cela va sans dire.



TRACKLINSTING

1Next Exit3:20
2Evil3:35
3Narc4:07
4Take You On A Cruise4:54
5Slow Hands3:04
6Not Even Jail5:46
7Public Pervert4:40
8C'Mere3:11
9Length Of Love4:06
10A Time To Be So Small4:50

Sociétés, etc.

Crédits

Notes

Management for B23.

The first cat# appears on the back of the slipcase, the backcover of the jewelcase and on the CD artwork.
The second cat# appears on the spine of the inlay, the spine of the slipcase and the matrix.

All songs © Interpol, Copyright Control / BMI 2004.

(P) & (C) 2004 Interpol under exclusive license to Labels, a division of EMI Music France.
Printed in E.U.

Enhanced with OpenDisc technology (OpenDisc site now inactive).

Not all the copies come with slipcase.

Includes a 16-page booklet.


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