Miles Davis - Tutu – 1986
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ARTISTE
Compositeur et trompettiste
américain, Miles Davis est considéré comme l’une des figures centrales de
l’histoire du jazz. Musicien caméléon, il n’a eu de cesse de se renouveler et
son nom est ainsi associé à toutes les grandes évolutions du jazz moderne : le
be-bop, le jazz cool, le hard bop, le jazz modal et le jazz rock.
Né à St. Louis dans une famille
de la bourgeoisie afro-américaine, Miles Davis est initié à la trompette à
l’âge de 13 ans par Elwood Buchanan. Il commence à jouer en public dès 1942 et
intègre plusieurs orchestres de « rhythm’n’blues », qui lui offrent une
possibilité de se forger à la fois une technique et une culture musicale. En
1944 il joue avec Dizzy Gillespie et Charlie Parker dit Bird, chefs de file du
be-bop, l’avant-garde du jazz de l’époque, avant de se rendre à New York, où il
s’inscrit à la Juilliard School of Music, mais ne tarde pas à s’affranchir de
l’éducation et du répertoire européen et « blanc » enseigné par cette
institution.
Parallèlement, il rejoint
progressivement les formations de nombreux interprètes et musiciens
incontournables de l’époque tels que Dizzy Gillespie, Charlie Parker,
Thelonious Monk, Billie Holiday, Coleman Hawkins, Eddie « Lockjaw » Davis, «
Rubberlegs » Williams, Herbie Fields, et Charles Mingus. Il intègre en 1945 le
quintet de Charlie Parker, commence à composer ses propres œuvres (Donna Lee )
et attire l’attention de l’arrangeur Gil Evans. Une collaboration avec ce
dernier mène à la naissance du « jazz cool ». (Birth of the Cool, 1950).
Passé par l’enfer de la drogue,
Miles Davis se remet à questionner les sources du jazz via le hard bop, et
collabore notamment avec Sonny Rollins, Thelonious Monk,Art Blakey ou Horace
Silver sur les albums enregistrés pour les labels Prestige ou Blue Note. Il
monte alors un premier quintet « classique » qui enregistrera une série
d’albums intemporels en 1955 et 56. En font partie John Coltrane (sax ténor),
Red Garland (piano), Paul Chambers (contrebasse) et Philly Joe Jones
(batterie). Dans la foulée, parallèlement à sa collaboration avec le grand
orchestre de Gil Evans, il imagine un sextet à deux saxophones, avec John
Coltrane et Cannonball Adderley dont l’œuvre phare, après la rencontre avec le
pianiste Bill Evans sera en 1959 l’un des albums les plus marquants de
l’histoire du jazz : Kind of Blue.
Lors d’une tournée à Paris en
1957, il rencontre Louis Malle et improvise en une nuit la musique de son film
Ascenseur pour l’échafaud.
Au début des années 1960, après
quelques tâtonnements, Miles Davis s’entoure de nouveaux musiciens pour ce qui
est généralement considéré comme un des groupes les plus inventifs de toute
l’histoire du jazz : le pianisteHerbie Hancock, le batteur Tony Williams, le
contrebassiste Ron Carter et le saxophoniste Wayne Shorter, et leur musique
prend une nouvelle direction, en se libérant des influences des courants
dominants, notamment de celle du free jazz. (Miles Smiles )
Le vent des révolutions de 1968
n’épargne pas l’entourage de Miles Davis. Ses musiciens s’intéressent aux
instruments « électriques » et au rock psychédélique, incarné surtout par Jimi
Hendrix : Miles Davis s’en inspire pour amorcer un rapprochement entre le jazz
et la musique rock, funk et « rhythm’n’blues », signature qu’il gardera jusqu’à
la fin de sa carrière (Bitches Brew 1970). Désormais, il change d’image et se
produit dans les grandes salles de rock de l’époque avec à ses côtés
quelques-unes des stars en devenir comme John McLaughlin, Chick Corea ou Keith
Jarrett.
Avec On the Corner (1972), Miles
Davis revient au blues de ses origines, et, associé aux musiciens issus des
studios de la Motown, crée une sorte de « free funk », une musique très
imprégnée par le blues, mais issue de l’improvisation, avant de se retirer de
la scène en 1975 pour des problèmes de santé. Son dernier enregistrement est
l’hommage à Duke Ellington, He Loved Him Madly.
Après plusieurs années de silence
et de retraite, Miles Davis remonte sur scène en 1980 avec l’album The Man with
the Horn, et un nouveau groupe formé de jeunes musiciens : Al Foster Bill
Evans, Mike Stern, Marcus Miller et Mino Cinelu. Leur son se nourrit des
courants actuels : la pop, le rap, le hip-hop et les nouvelles technologies
donnent une nouvelle dimension à l’inspiration du musicien. Juste avant de
disparaitre, en 1991, Miles fera une dernière ouverture en direction des
rappeurs et du hip-hop.
Miles Davis en 7 dates :
1949 Inauguration de l’ère du
jazz « cool » avec l’enregistrement de Birth of the Cool
1958 Succès auprès du public
français avec la musique du film Ascenseur pour l'échafaud
1959 Enregistre Kind of Blue,
considéré comme l’un des meilleurs albums de l’histoire du jazz
1963-4 Fonde le « second great
quintet » avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams
1970 Enregistre l’album Bitches
Brew, qui instaure l’ère du jazz-électrique et ouvrira la voie au « jazz fusion
»
1986 Enregistre Tutu, composé par
Marcus Miller, pour Warner Bros., et enchainera avec une production de presque
un album par an
2006 Introduit dans le “Rock and Roll Hall of
Fame”
L’ALBUM
Rock Fever
Noir sur blanc, la figure
impériale de Miles Davis qui prouve une fois de plus, qu'il n'a plus rien à
prouver.
Avec la fin des années 60 et la
disparition de Coltrane, Miles Davis a entamé un virage riche en
expérimentations. Sa trompette a volontiers fusionné au passage avec l’électricité
de la guitare ("Bitche's brew", "filles du kilimandjaro")
et l’expérimentation est devenu son nouveau crédo en plus d' être de plus en
plus intéressé par la pop music (sa reprise de "Human Nature" de
Mickaël Jackson).
Pour "Tutu", il s’adjoint
les services de Marcus Miller qui va s’occuper de la programmation de presque
tous les instruments tandis que Miles survole le tout à la trompette. Il en
résulte une musique presqu' atmosphérique, une ambiance, une sorte de texture
où la trompette crée un relief. L’album contrairement aux anciens (si l'on
pense à "kind of blue" par exemple) est en perpétuel mouvement...Un
jazz-funk sans une seule pause (qui aurait été bienvenue peut être) et s’inscrit
dans la grande tradition des musiques des années 80 (synthés, production
reluisante, guitares et basses soignées...). Pas un grand album mais de bons
moments.
TRACKLINSTING
| 1 | Tutu | 5:15 |
| 2 | Tomaas | 5:32 |
| 3 | Portia | 6:18 |
| 4 | Splatch | 4:45 |
| 5 | Backyard Ritual | 4:49 |
| 6 | Perfect Way | 4:32 |
| 7 | Don't Lose Your Mind | 5:49 |
| 8 | Full Nelson | 5:05 |
Crédits
- Art Direction – Eiko Ishioka
- Design – Susan Welt
- Engineer – Eric Calvi (tracks: 1 to 4, 6 to 8), Peter Doell (tracks: 1 to 4, 6 to 8)
- Engineer [Assistant] – Maureen Thompson (tracks: 1 to 4, 6 to 8)
- Engineer [Mixing Assistant] – Eddie Garcia (tracks: 2, 6 to 8)
- Mastered By – Doug Sax
- Mixed By – Bill Schnee (tracks: 1, 3, 4), Eric Calvi (tracks: 2, 6 to 8)
- Photography By – Irving Penn
- Producer, Arranged By – Marcus Miller (tracks: 1 to 4, 6 to 8)
- Producer, Executive Producer – Tommy Lipuma
- Programmed By [Synthesizer, Additional] – Adam Holzman, Marcus Miller
- Programmed By [Synthesizer] – Jason Miles
- Trumpet – Miles Davis
Notes
Perfect Way is a cover of the
Scritti Politti song of the same name.
Made in Germany.